DÉFI


Mot du doyen

michel_carrierPourquoi un programme axé sur les compétences?

Depuis 2008, l’American Veterinary Medical Association (AVMA) nous demande de rendre compte des compétences des finissants ainsi que des étudiants en cours de formation comme composante essentielle à l’agrément complet des facultés de médecine vétérinaire. Lors de sa visite en 2012, le comité d’évaluation de l’AVMA a félicité la Faculté pour son virage vers le développement et l’évaluation des compétences du nouveau programme en développement. Dans la même veine, le North American Veterinary Medical Education Consortium (NAVMEC), dans son rapport 2008 de planification stratégique, a identifié l’établissement de « core competencies » essentielles aux vétérinaires de demain et ce, dès le premier jour après la diplomation (« day-one ready »). Par conséquent, plusieurs chantiers de réforme de programme ont récemment vu le jour au sein de facultés vétérinaires canadiennes, européennes, américaines et australiennes afin de mieux préparer la future génération de vétérinaires aux exigences de la profession. À l’évidence, nous devons nous ajuster si nous voulons conserver la reconnaissance du haut niveau de qualité de notre formation de médecins vétérinaires.

Dans la foulée de la réforme des programmes par le Ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports du Québec (MELS), ceux-ci ont été élaborés en privilégiant l’enseignement axé sur le développement des compétences. Ainsi, les élèves issus de cette réforme ont appris dans un contexte axé sur les compétences depuis 1999 au primaire, 2005 au secondaire, et 2010 au cégep. Cette clientèle qui a « appris autrement » cogne maintenant à nos portes et nous devons leur répondre adéquatement.

Les nouvelles théories en éducation, dont le constructivisme, qui sont à la base de la réforme du MELS, alimentent le changement de paradigme de plus en plus présent dans les institutions d’éducation supérieure au Québec et à travers le monde. À l’instar de nos collègues d’autres disciplines, particulièrement en sciences de la santé, nous devons modifier nos approches pédagogiques et migrer vers des programmes de formation axés sur le développement de l’autonomie de l’apprenant, de la pratique réflexive et des mises en situation authentiques et complexes pour assurer le bon développement des compétences.

DMVPAC_tableau_connaissances001-150x150Saviez-vous qu’il a été estimé que la somme des connaissances humaines croît de façon exponentielle et qu’elle doublera tous les 73 jours aux environs de 2020 ? Clairement, nous ne pouvons plus « tout enseigner » et les étudiants ne peuvent « tout apprendre ». Dans la mise à niveau constante des connaissances, il faut plutôt développer chez les apprenants les outils et approches pédagogiques qui favorisent leur autonomie en tant que futurs professionnels.

Certaines lacunes ont été identifiées par nos diplômés et leurs employeurs dans le parcours d’apprentissage des étudiants. Dans les questionnaires d’assurance qualité effectués un an et trois ans après la diplomation, des lacunes sont observées dans les domaines des compétences transversales, comme la capacité à bien communiquer avec le client et à bien gérer les ressources financières. Aussi, durant leur parcours scolaire, les étudiants déplorent la surcharge de matière théorique sans intégration des aspects pratiques de la profession, le manque de rétroaction signifiante et le manque d’autonomie lors des stages. Nous nous devions d’agir.

Toutes ces raisons nous conduisent dans une même direction et vers un même objectif: un programme axé sur l’évaluation des compétences, en plus de l’acquisition de connaissances. Je vous invite à en découvrir les caractéristiques et avantages au cours des prochains mois dans l’espoir que vous direz comme moi : « Notre nouveau programme axé sur les compétences, c’est l’affaire de tous et j’y crois!».

Michel Carrier