PROGRAMME


Mot de la vice-doyenne au développement pédagogique et à la qualité des programmes

Michèle DoucetDMV : Programme axé sur les compétences

L’objectif du programme DMV actuel est de former des professionnels capables de répondre aux besoins de la société québécoise, et de permettre l’acquisition de connaissances, de savoir-faire et d’attitudes indispensables à l’exercice de la profession de médecin vétérinaire.
Toutefois, les ressources (savoirs / connaissances, savoir-faire / habiletés et savoir-être / attitudes) acquises par les étudiants se font généralement de manière cloisonnée et, outre les situations de stage, n’exigent pas que les étudiants apprennent à les mobiliser et à les combiner de manière efficace pour faire face à des situations ancrées dans la réalité professionnelle.
Compétence
En l’absence de compétences explicites en médecine vétérinaire, l’élaboration d’un référentiel de compétences s’avère donc incontournable pour construire une compréhension commune des visées de formation du DMV pour tous les enseignants et permettre ensuite l’alignement des activités de formation (cours, travaux pratiques, stages) avec ces objectifs.
Le programme DMV comprend déjà plusieurs modalités susceptibles de contribuer au développement des compétences professionnelles du vétérinaire-étudiant. La réforme entreprise ne vise donc pas à faire tabula rasa mais plutôt à bonifier le programme existant en proposant un parcours de formation cohérent et orienté vers un profil de sortie défini par les attentes explicitées pour les sept compétences visées. Pour ce faire, plusieurs changements ont été amorcés ou doivent être envisagés, notamment sur les plans curriculaire et organisationnel.

Curriculum

Au plan curriculaire, la démarche itérative d’élaboration du programme de formation constitue une innovation en soi. Tout d’abord, l’élaboration du référentiel de compétences a été effectuée en plusieurs étapes. En 2008, nous avons déterminé et identifié les compétences à développer tout en considérant les référentiels existants, les attentes et les lacunes relevées envers les diplômés, de même que les situations professionnelles auxquelles le DMV devrait préparer les étudiants à faire face. Ces situations ont été regroupées en trois familles (santé publique, clinique, développement scientifique).
En 2008-2009, les savoirs essentiels (connaissances, habiletés et attitudes) ont été identifiés et associés au développement de chacune des sept compétences visées. Des équipes d’enseignants ont été formées pour chaque compétence. Les chefs d’équipes ont ensuite consolidé les listes de savoirs. Des consultations auprès de tous les enseignants de la Faculté ont permis de recueillir les commentaires et suggestions pour finaliser le travail.
En vue de proposer une trajectoire de développement des compétences pour l’ensemble du parcours de formation, la troisième étape consistait à établir trois niveaux de développement (novice, avancé et finissant). En 2010 et 2011, le groupe de travail composé de leaders pédagogiques ont formulé les attentes pour chacun de ces niveaux pour favoriser une compréhension commune par et pour les différents acteurs concernés par la formation des étudiants (professeurs, cliniciens, personnel de soutien, administrateurs, étudiants, etc.). Cela a permis de construire des échelles descriptives, outils d’évaluation formative ou certificative permettant de renseigner les étudiants sur le niveau de développement attendu pour chacune des compétences. Ces échelles ont été mises à l’essai dès 2012 avec les enseignants et étudiants actuels.
La phase suivante d’élaboration du programme a été celle de la construction du parcours de développement et d’évaluation des compétences (PDEC), qui s’est effectuée simultanément et subséquemment à la phase d’élaboration du référentiel de compétences. Le PDEC, destiné aux divers intervenants présente une vue d’ensemble des éléments du programme où les étudiants pourront exercer chacune des compétences et recevoir de la rétroaction formative tout au long de leur formation, dont les situations d’apprentissage-évaluation (SAÉ) élaborées par le corps enseignant. Bien qu’évolutif, le PDEC se veut un outil de justification des décisions pédagogiques adoptées, de même qu’un ouvrage de référence pour les intervenants.

Organisation

Au plan organisationnel, l’innovation relève d’une approche-programme et de stratégies de gestion du changement. L’approche-programme s’est traduite par la mise en place d’une vision partagée et concertée des aboutissants du nouveau programme et d’une participation active de plusieurs enseignants à chacune des étapes d’élaboration de celui-ci.
Une approche axée sur les compétences amène les enseignants à adopter le rôle de guide accompagnateur de l’étudiant, plutôt que celui de simple émetteur d’information. Les étudiants devront s’adapter à une approche qui exige qu’ils prennent en charge leur propre apprentissage et qu’ils démontrent une autonomie croissante au fur et à mesure de l’avancement de leur formation.
La direction a également fait preuve de leadership dans la gestion du changement en établissant un plan de communication, en présentant un schéma de gouvernance identifiant les rôles et responsabilités de chacun des membres de la faculté envers le projet, en proposant des activités d’arrimage et d’intégration des contenus-cours à l’aide de cartes conceptuelles et en organisant un programme de formation continue en pédagogie pour faciliter la transition des enseignants et une série d’assemblées de réflexion pédagogique facultaires (ARPF) portant exclusivement sur le nouveau programme.
Dans la version renouvelée du programme, de nouvelles modalités pédagogiques seront proposées, soit pour ajouter aux modalités existantes, soit pour en remplacer. Ces modalités, qui visent à accroître la cohérence interne du programme en favorisant le développement des compétences des étudiants de manière progressive tout au long de leur formation, sont principalement des situations d’apprentissage-évaluation (SAÉ) et un portfolio personnel de réflexion.
Les SAÉ s’apparentent à des situations issues de la réalité professionnelle auxquelles seront confrontés les étudiants dès l’entrée dans la formation. Ces situations seront de complexité croissante de la première à la quatrième année et constitueront des occasions pour les étudiants d’intégrer leurs acquis en mettant en œuvre une ou plusieurs compétences visées par le DMV.
Le portfolio personnel de réflexion est l’outil essentiel sur lequel reposera l’approche pédagogique axée sur les compétences. Intimement intégré au PDEC et à cinq nouveaux cours de développement des compétences (un cours par année du programme), le portfolio permettra aux étudiants de développer leur pratique réflexive tout en y accumulant les preuves démontrant qu’ils répondent aux attentes fixées pour chacun des niveaux du programme. Diverses méthodes pédagogiques seront intégrées dans les cours et stages précliniques pour favoriser l’apprentissage actif et pour mettre les étudiants en situation professionnelle dès le début du programme.
Le raisonnement clinique essentiel au travail du vétérinaire sera développé tôt dans le programme grâce aux sciences fondamentales (anatomie, physiologie, biochimie) qui seront intégrées dans une approche structure-fonction et certaines disciplines paracliniques (pathologie, infectiologie) qui seront abordées en arrimage avec les sciences fondamentales en aval et avec les sciences cliniques en amont.
La dernière année du programme, consacrée entièrement aux stages en milieu professionnel, permettra de consolider ces apprentissages dans l’action.

Michèle Doucet
Vice-doyenne au développement pédagogique et à la qualité des programmes